Parler français, c’est notre première nécessité en arrivant au Québec.
Quand je suis arrivée au Québec, en décembre 2022, j’avais déjà étudié le français pendant un an au Brésil.
Je pensais donc avoir une bonne base.
Mais apprendre une langue dans une salle de classe et vivre dans cette langue tous les jours, ce n’est pas exactement la même chose.
Il faut prendre un rendez-vous au téléphone. Comprendre la personne à la caisse. Parler avec l’école des enfants. Chercher un emploi. Essayer de comprendre une blague entre collègues.
Et parfois, simplement avoir le courage de commencer une conversation.
C’est là que j’ai découvert quelque chose que j’aurais aimé savoir avant d’arriver au Québec :
la francisation ne se passe pas seulement dans les cours de français.
Il existe tout un réseau autour de nous
À mon arrivée, j’ai commencé à chercher toutes les occasions possibles de pratiquer.
J’ai participé à la francisation à temps complet du gouvernement du Québec au Cégep de Sainte-Foy. Mais, en parallèle, j’ai découvert des organismes communautaires qui proposent des ateliers de conversation, du tutorat, du jumelage et des activités permettant de pratiquer le français dans des situations beaucoup plus proches de la vie quotidienne.
C’est comme ça que j’ai découvert le Service d’aide à l’adaptation des immigrants et immigrantes (SAAI).
J’y ai participé à des ateliers de français en petits groupes. Pour moi, c’était une autre façon d’apprendre : parler, écouter les autres, poser des questions et pratiquer le français dans un environnement où je pouvais faire des erreurs.
Et c’est important.
Parce qu’on peut connaître beaucoup de vocabulaire et rester complètement paralysé quand quelqu’un nous pose une question à toute vitesse!
Le SAAI accompagne aussi les personnes immigrantes dans leur processus d’installation et d’intégration au Québec. C’est justement l’une des grandes richesses des organismes communautaires : on peut y aller pour pratiquer son français et, en même temps, découvrir des ressources, obtenir de l’information et rencontrer d’autres personnes qui vivent ou ont vécu des expériences semblables.
Parler, encore et encore
Il existe aussi le jumelage linguistique.
Le principe est simple : une personne qui apprend le français est jumelée avec une personne bénévole avec qui elle peut discuter régulièrement.
Le programme Deux par deux, de la Fondation pour la langue française, fonctionne de cette façon. Les rencontres peuvent se faire en personne, au téléphone ou en ligne.
Ici, il ne s’agit pas d’un cours.
L’objectif, c’est de parler.
Parler de son travail.
De la météo.
Des enfants.
D’un film.
Ou de ce fameux hiver québécois qui finit toujours par entrer dans la conversation!
Et c’est justement dans ces conversations que la langue commence à devenir naturelle.
Apprendre une langue, c’est aussi entrer dans une communauté
C’est probablement ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ces expériences.
Bien sûr, j’ai appris du vocabulaire. J’ai amélioré ma compréhension. J’ai commencé à reconnaître différents accents.
Mais j’ai surtout rencontré des personnes.
Et quand on vient d’arriver dans un nouveau pays, ces rencontres comptent énormément.
Un atelier de français dans un organisme communautaire peut devenir beaucoup plus qu’un atelier de français.
C’est parfois là qu’on découvre une activité gratuite dans son quartier.
Qu’on apprend comment fonctionne un service.
Qu’on rencontre quelqu’un qui est arrivé quelques mois avant nous.
Qu’on pose une question qu’on n’oserait peut-être pas poser ailleurs.
Ou qu’on commence simplement à se sentir un peu plus chez soi.
C’est aussi ça, apprendre le français : trouver peu à peu sa place dans une nouvelle communauté.
Mon conseil : cherchez les occasions de parler
Si vous venez d’arriver au Québec, ne cherchez pas seulement des cours de français.
Cherchez aussi les occasions de pratiquer.
Regardez les activités offertes par les organismes communautaires de votre quartier. Inscrivez-vous à un atelier. Essayez un jumelage. Allez à un café-rencontre.
Et surtout, parlez.
Même avec des erreurs.
Parce qu’apprendre une nouvelle langue demande du temps. On cherche ses mots. On ne comprend pas toujours. On fait des erreurs.
Et parfois, on répond même « oui » alors qu’on n’a absolument aucune idée de ce que la personne vient de dire!
Ça fait partie du processus.
Lâche pas!
Chaque conversation est une petite porte qui s’ouvre sur votre nouvelle vie au Québec.
😉 L’expression québécoise de la semaine : « Lâche pas! »
Si vous vivez au Québec, vous allez certainement l’entendre.
« Lâche pas! » veut dire : continue, ne te décourage pas, n’abandonne pas.
Par exemple :
— Mon français n’est pas encore très bon.
— Lâche pas! Ça va venir!
Et je trouve que c’est probablement l’une des meilleures expressions à apprendre quand on commence sa vie au Québec.
Parce qu’apprendre une nouvelle langue, c’est un parcours.
On avance un mot à la fois.
Une conversation à la fois.
Lâche pas!
Sandra Nodari
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